FABRICATION DE PARFUMS

Les parfumeurs emploient pour la fabrication des parfums de nombreuses huiles essentielles d'origine naturelle, d'odeur beaucoup plus fine que les produits de synthèse, et d'un valeur marchande bien supérieure. La maîtrise des quelques techniques d'extraction suivantes peut fournir à une ASBL ou une ONG africaine des revenus non négligeables.

Pour devenir riche, une seule recette: travailler.

Limitons-nous aux huiles extraites des pétales de fleurs: rose, violette, jasmin, tubéreuse, ylang-ylang. Le domaine est vaste et nous n'en faisons ici qu'un tour d'horizon.

Rose

Violette

Jasmin

Tubéreuse

Ylang-Ylang

1000 kgs de roses fournissent:

-  150 gramme d'essence 'concrète' par le procédé d'enfleurage

-  2.100 gramme d'essence courante par extraction à l'éther de pétrole.

1000 kgs de violettes fournissent:

- 40 grammes d'essence 'concrète' par le procédé d'enfleurage

- 1.650 grammes d'essence 'concrète' par extraction à l'éther de pétrole, soit 35 grammes d'essence 'absolue'

Attention: quand les pétales continuent à se faner, ils contiennent de 10 à 12 fois plus d'essence qu'à la cueillette. L'enfleurage à froid convient. Attention: quand les pétales continuent à se faner, ils contiennent de 10 à 12 fois plus d'essence qu'à la cueillette. L'enfleurage à froid convient. Cette plante peut atteindre une hauteur de 20 m; les fleurs rassemblées en grappe se succèdent tout au long de l'année. Un plant de 4 ans peut donner 5 kgs de fleurs, un plant de 10 ans de 10 à 15 kgs. Fleurs à cueillir avant 9 h du matin et à traiter aussitôt que possible.

On admet généralement une production d'huile essentielle de 45 à 75 kgs à l'hectare.

Les procédés d'extraction:

Extraction dite 'enfleurage'

Les corps gras ont pour propriété de dissoudre les huiles essentielles. On emploie à cet effet, soit un mélange de graisse de proc (2 parties) et de graisse de boeuf (1 partie), malaxé avec de l'eau de fleur d'oranger ou additionné d'un peu d'alun et de benjoin, soit une huile d'olive ou d'amandes douces, soit une huile de vaseline (neutraline)

On procède à l'enfleurage à chaud ou l'enfleurage à froid suivant que les pétales continuent à élaborer de l'essence aromatique en se fanant. (hdyrolyse de glucosides sous l'action de zymases)

Enfleurage à chaud: Le corps gras est fondu à 60-70°C dans un bassin en cuivre où on projette avec agitation les fleurs soigneusement effeuillées qu'on laisse macérer de 24 à 48 heures. On sépare les pétales de la masse et on recommence 20 à 25 fois avec des pétales frais.

Enfleurage à froid: (tubéreuse, jasmin,réséda,jonquille, muguet) Il faut déposer les pétales sur une couche de graisse et les retirer. Il est plus simple d'attendre que les pétales soient fanés et d'utiliser le premier procédé.

Ce procédé fournit une pommade ou une huile parfumée qu'il faut traiter par l'alcool éthylique à 96°. Le corps gras est récupéré pour rentrer dans le circuit d'extraction. La solution alcoolique est refroidie à -10°/-15° pour séparer la faible quantité de graisse dissoute, et distillé pour en séparer l'alcool. Reste une essence appelée 'concentré de pommade' ou essence 'absolue'.

Extraction par solvants volatils

On emploie l'éther sulfurique, l'alcool éthylique ou l'éther de pétrole bouillant entre 60 et 80°C, qui sont tous des solvants neutres. Il est conseillé de déchiqueter les pétales avant extraction afin d'augmenter la surface de contact entre le solavnt et les cellules végétales. Certains utilisent des sels anhydres -sulfate de sodium ou de magnésium - pour retirer l'eau présente dans les cellules.

Chargée de parfum, le solvant est soumis à une distillation lente qui laisse une essence dite 'concrète'.

On élimine les cires par l'addition d'alcool froid, qui sont éliminés par "glaçage", sans doute en mettant la solution dans un congélateur quelques heures.

On renvoie la solution à l'alambic pour récupérer le reste du solvant.

On termine généralement par un rectification du résidu, sous pression réduite, ce qui entraîne les terpènes et conduit à l'essence dite 'absolue'.

Extraction par entraînement à la vapeur

Le procédé est un peu compliqué pour des néophytes. Je recommande plutôt le prodcédé dit 'd'infusion et distillation dans la vapeur d'eau', valable pour les roses, la lavande, le thym, l'orangeret le Néroli.

Dans un alambic de cuivre, on recouvre les fleurs d'une couche d'eau tiède, et on laisse macérer. On élève peu à peu la température à 95-98°C, la vapeur d'eau entraînant avec elle les huiles essentielles.

On traite 10 kgs de pétales par 75 litres d'eau, et on arrête la distillation dès qu'on a recueilli 10 litres de distillat. Ce mélange est soumis à une distillation lente, et l'essence après refroidissement se rassemble en une couche huileuse au-dessus de l'eau.

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